| Ce
petit livre illustré raconte en trois langues (allemand, anglais et
français), la vie de quelqu'un dont la légende personnelle et le
cinéma ont assuré l'immortalité: il s'agit d'Elisabeth, impératrice
d'Autriche, plus connue sous le nom de Sissi. Nous apprenons ainsi
que la vraie Sissi fut très éloignée de la femme un peu rebelle
contre l'étiquette et amoureuse de l'empereur, interprétée par
l'actrice Romy Schneider. Sissi, qui avait quinze ans lorsque son
cousin l'empereur François-Joseph jeta son dévolu sur elle (au lieu
d'épouser sa soeur Hélène comme prévu), n'eut en fait pas d'autre
choix que de l'épouser, car comme le lui fit remarquer sa mère; "on
n'éconduit pas un Empereur". Renfermée, fuyant la foule, détestant
le protocole et sa belle-mère l'archiduchesse Sophie (elle avait été
élevée à la campagne, loin du palais impérial et de ses
obligations), Sissi ne plait pas à la cour, même si elle réussit à
accomplir la tâche que l'on attend d'elle: elle met au monde quatre
enfants (sa première fille mourra en bas age), dont Rodolphe,
l'héritier que l'empire attend. Sa fameuse tuberculose, soignée par
un long séjour à Madère, dont tout ceux qui ont vu le troisième
volet de la série, Sissi face à son destin, se souviennent
sans doute, cachait en fait une fugue de l'impératrice, qu'elle
organisa après avoir été confrontée aux infidélités de son mari.
Obsédée par sa beauté jusqu'au narcissisme, consacrant trois
heures par jour à son interminable chevelure, faisant du sport à
outrance, anorexique, Sissi ne s'intéresse que peu aux affaires du
pays. Elle déteste Vienne, par contre, un grand amour pour la
Hongrie la poussera à convaincre son mari de l'intégrer à
l'empire qui devient ainsi austro-hongrois. Couronnée reine de
Hongrie, elle y vivra ensuite, loin de son mari, entourée de ses
chevaux qu'elle aime tant monter.
Égocentrique, la fibre maternelle peu développée (à part en ce
qui concerne sa fille chérie, la dernière, qu'elle élèvera loin de
la cour), Sissi encaissera pourtant très mal le suicide de son fils
Rodolphe et perdra tout goût à la vie après cet événement tragique.
Elle sera assassinée à Genève par un anarchiste italien, après avoir
passé des années à se cacher et à refuser des portraits ou
photographies de sa personne, de peur que ceux-ci ne dévoilent au
grand public les ravages du temps sur leur impératrice.
Cet assez bref portrait de l'impératrice (96 pages dont plusieurs
ne sont consacrées qu'aux illustrations) est sans concession, et
donne envie d'en apprendre plus sur cette femme, qui, aimée ou
détestée, était tout de même une personnalité hors du commun. Les
illustrations sont superbes, mais heureusement que des photographies
figurent aussi dans ces pages, et pas seulement des peintures, car
d'un portrait à l'autre représentant l'impératrice, on a de la peine
à se figurer à quoi elle ressemblait vraiment. Il parait incroyable
que la subjectivité des artistes ait pu les conduire à produire des
représentations aussi différentes de la même personne, à la même
époque...
Note:   
© Discussing Books, 25 janvier 2004 |