| Saul
Laski, psychiatre New-yorkais et survivant de l'holocauste, est
hanté par un souvenir encore plus terrible que toutes les horreurs
de la Shoah: un soir qui a changé sa vie a jamais, un jeune Oberst
allemand s'est insinué dans son cerveau et, véritable vampire psychique, l'a forcé à commettre des actes contre sa volonté, le
manipulant tel un pantin. Trente-cinq ans plus tard, Saul n'a pas oublié et a
entrepris une quête obsessionnelle pour retrouver l' Oberst, sûr que
le destin les remettra un jour face à face... Charleston, Caroline
du Sud,
1980. Trois personnes âgées d'apparence respectable, deux femmes et un
homme, se réunissent, comme chaque année, pour compter les points de
leurs "Festins". Ils ont le "Talent" et rivalisent d'audace et de
cruauté. Lorsque l'homme, William Borden, disparaît dans un accident
d'avion, la dynamique du groupe infernal va basculer,
entraînant une vague de meurtres et de violences.
Beverly Hills, Californie. Un producteur de mauvais films, peu
séduisant, a toutes les actrices d'Hollywood a ses pieds car il sait
les "Utiliser". Sa seule crainte: un petit groupe de personnes haut
placées dont il aimerait bien faire partie...
Qui sont ces gens qui ont le Talent? Quels liens ont-ils les uns
avec les autres? Sont-ils un petit groupe
isolé ou sont-ils dispersés dans la population? Une de ces
créatures se cache-t-elle derrière les actes de violence les plus gratuits et les
plus inexplicables? Les gens ordinaires sont-ils des pions manipulés
par un petit nombre de gens qu'un pouvoir psychique permet de
dominer le monde?
Telles sont les questions que Dan Simmons pose et que Saul Laski
et Nathalie Preston, une jeune photographe qui l'aide pour des
raisons personnelles, vont s'efforcer de résoudre, s'alliant dans un
combat désespéré contre les forces maléfiques...
Ce thriller
mêle horreur et science-fiction dans une histoire qui part d'une
idée originale et démarre très bien mais qui se perd ensuite dans des
narrations sans fin et sans dynamisme de stratégies d'attaque et de courses-poursuites.
L'Echiquier du Mal fait au moins 500 pages de trop (et plus
de 1200 pages au total!), les personnages manquent de relief et de
crédibilité et l'auteur ne sait plus, au bout d'un moment, où mener
son histoire. Ce roman, qui aurait pu exploiter le sujet de la
terreur psychologique, se réfugie trop souvent dans la facilité des
descriptions gores: au total, beaucoup d'hémoglobine et peu de réflexion...
Bref, ce roman, dont le premier quart semblait
prometteur, s'avère en fait très décevant. J'ai lu pourtant de
bonnes critiques à son propos, déclarant que Stephen King avait
trouvé son rival. Franchement, si c'est L'Echiquier du Mal
est le meilleur de Dan Simmons, King n'a rien à craindre. Si vous
voulez lire un bon roman d'horreur/SF (de la même envergure),
choisissez
Le Fléau de Stephen King à la place.
Le premier roman de Dan Simmons, Le Chant de Kali, était
audacieux. L'Echiquier du Mal n'est que médiocre...
Rating:
   
© Discussing Books, 14 janvier 2003
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