| Le
narrateur de La Crèche du Diable, Nicolas Peytrignet, relate
un épisode de sa jeunesse, un été passé chez lui, à Lausanne, dans
les années 70. C'est l'été de ses treize ans, l'été de la liberté et
des premiers mauvais choix, celui de la découverte de l'amitié et
des premiers émois sentimentaux: l'été extraordinaire d'un
adolescent ordinaire... Jusqu'au jour où la malheureuse rencontre
du hasard et des circonstances fait tout basculer. Pour Nicolas et
son cousin Vincent, venu de la campagne vaudoise, c'est une lente
descente aux enfers qui commence, une rencontre avec le mal à l'état
brut, une confrontation dont on ne ressort pas intact...
Pas tout à fait un roman policier malgré un certain suspense, ni
même un roman d'épouvante, La Crèche du diable montre
comment, parfois, le quotidien le plus banal peut glisser vers
l'horreur absolue. La Crèche du Diable est l'histoire d'une
enfance interrompue, d'une adolescence détruite, et d'un adulte
marqué à jamais par les stigmates du mal, mais que l'épreuve a
endurci et rendu combatif pour le restant de ses jours.
La Crèche du diable est un premier roman coup-de-poing,
d'un style fluide et efficace, assez court et accrocheur pour être
lu d'une seule traite. L'histoire elle-même rappelle un peu celle
d'un autre adolescent; un autre Nicolas, celui de
La Classe de
neige, d'Emmanuel Carrère.
© Discussing Books, 5 octobre 2004 |